30 octobre 2006

Mon compagnon le transat

Les promeneurs qui profitaient d’une belle journée d’hiver courant janvier ont pu croiser un homme affublé d’une sacoche et d’un transat pour nourrissons. Je suis cet individu. La présence de la sacoche s’explique, celle du transat surprend davantage. Nous l’avions oublié chez Pierre Cormary (La presse littéraire est une grande famille, de celle que nous ne haïssons pas), je suis allé le récupérer. A mon retour triomphal à la maison, Amélie ne lui a même pas jeté un seul regard. Il faisait déjà partie de son –court– passé alors... [Lire la suite]
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30 octobre 2006

Un espoir vite déçu

Lorsqu’un professeur corrige des copies, il se retrouve très rapidement (le temps de la correction de la première) avec deux tas posés devant lui, sur le bureau qu’il aura, le plus souvent, monté après l’avoir acquis dans un magasin d’ameublement suédois. Le premier tas comporte les copies encore à évaluer, le second celles sur lesquelles il a déjà posé son précieux paraphe coloré de rouge. Au fur et à mesure que le professeur avance dans son ingrat mais nécessaire travail, le premier tas diminue alors que le second augmente,... [Lire la suite]
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29 octobre 2006

Valise rouge ou noeud papillon ?

Un jour, Marla m’a demandé si je portais un nœud papillon devant mes élèves. L’idée m’a paru très saugrenue, mais après tout, la jeune diariste n’a jamais eu le privilège de m’admirer dans l’exercice de ma profession. Je réserve cet attirail pour mes soirées à l’opéra. Nœud papillon, opéra, je suis en train de me prendre pour Nicolas d’Estienne d’Orves. J’aurais pu opter pour un modèle bien pire. Lorsque je me déplace à Paris, je choisis toujours un roman pour m’accompagner, charmant compagnon de voyage, à la fois disponible et... [Lire la suite]
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29 octobre 2006

J'aime la Russie de Vladimir Volkoff

Amélie est un peu grognon cet après-midi. Elle n’arrive pas à rester sur son tapis, pourtant bien fourni en jouets, ni sur le dos ni sur le ventre. J’essaie de lui faire écouter Mozart, sans succès, elle ne sait pas encore apprécier la grande musique. Je m’empare alors de son transat, qui devient ainsi un transat volant, et je la transporte jusqu’au balcon, son lieu préféré. Elle oublie aussitôt son état grognon, retrouve sa joie de vivre. Elle aime l’air. Je m’installe à côté d’elle, la Possibilité d’une île de Michel Houellebecq... [Lire la suite]
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22 octobre 2006

Tais-toi où je te coule

Nous devisions, un compagnon de voyage et moi, plongés dans la mer des Caraïbes. Nous parlions des déplacements des Cubains qui se faisaient souvent dans des camions collectifs. Alors que j’évoquai la similitude avec les transports en Afghanistan, il me demanda si j’étais allé dans ce pays, comme si ça allait de soi (pourquoi en aurais-je parlé si je n’y avais pas promené mes guêtres ?). Je répondis par la négative et nous changeâmes de sujet. J’aurais dû répondre oui puis raconter l’Afghanistan. J’en savais assez pour faire illusion,... [Lire la suite]
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22 octobre 2006

De Cuba à Evry

Le téléphone a sonné. J’ai décroché et ai entendu la voix de mon amie Cabrette. « Je te passe Zoé Valdès ». C’est ainsi que j’ai engagé une conversation avec l’écrivaine cubaine, aussi surprise que moi. Conversation est un bien grand mot, nous n’avons échangé que quelques propos, dont le souvenir de la consternante banalité ne cesse de me hanter. Aucune phrase intelligente n’a pu sortir de ma bouche. La pétillante MCP parle d’organiser un voyage scolaire à Cuba. C’est une bonne idée, qui serait encore meilleure sans nos élèves. J’ai... [Lire la suite]
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19 octobre 2006

Eric Neuhoff doit la rassurer

Dans son transat, le bébé a commencé une conversation. Son interlocuteur est le four à micro-ondes. Le bébé a déjà compris le rôle essentiel du four dans l’organisation domestique. Nous ne sommes pas des forcenés des surgelés ni des stakhanovistes du réchauffage des restes ; le four a un autre rôle : il remplace le répondeur téléphonique lorsque celui-ci est défaillant. Il suffit de nous téléphoner pour s’en convaincre. Un beau jour, nous avons échangé notre Amélie contre une Emilie. Nous sommes ensuite partis visiter le salon du... [Lire la suite]
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19 octobre 2006

La jeune fille blonde

La vie d’A. a débuté par une immense partie de cache-cache. Au commencement n’était pas le Verbe, au commencement était le Jeu. Le principe : des capteurs sont posés sur le ventre de la mère, il faut leur échapper le plus longtemps possible. La mère a les yeux fixés sur les voyants du monitoring, elle joue de mieux en mieux. Lorsque A. sera lassée de perdre, elle sortira. Elle a fini par le faire, longtemps après. Elle était tellement passionnée par son jeu qu’il a fallu ouvrir pour l’extirper. On est joueuse ou on ne... [Lire la suite]
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18 octobre 2006

Une lecture très agréable, donc nécessaire

Le collègue auquel je succède est soulagé par mon arrivée. Toute sentinelle qui doit être relevée éprouve cette angoisse : mon remplaçant ne subira-t-il pas un odieux coup du destin qui l’empêchera de prendre ma place ? C’est long, une surveillance ; un peu comme l’éternité. L’instinct de survie, car l’ennui est souvent mortel, oblige à s’occuper tout en jetant un regard distrait mais attentif sur les étudiants qui s’échinent à bien faire. Tous n’y parviendront pas. Pourtant, l’accumulation de bouteilles et de confiseries sur les... [Lire la suite]
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18 octobre 2006

Les femmes et les photos sont belles

Notre siècle, au même titre que les précédents, est celui des grandes migrations. Comme je suis un enfant de mon siècle, je ne fais pas exception. Mes livres quittent le bureau, franchissent un parcours périlleux de deux mètres cinquante et s’installent dans la salle à manger. Le lecteur peut alors légitimement se demander quel nouveau Staline j’abrite en mon sein. Mais il se trompe : le bureau devient une chambre car, lorsque l’enfant paraît, il faut songer à le loger. Nous avons donc commencé à prendre nos repas face à des livres... [Lire la suite]
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